Venezuela : comment l'Europe pourrait répondre à ce dilemme

On ne devrait pas avoir à choisir entre renverser Maduro et l'ordre international. Si l'Europe était plus unie, on pourrait mieux contrer ce genre d'actions.

11 janv. 2026
A crowd of people holding up Venezuelan flags and mobile phones

On ne devrait pas avoir à choisir entre célébrer la chute d'un dictateur comme Maduro ou l'effondrement de l'ordre international.

Mais c'est exactement ce dilemme impossible que les États-Unis nous ont imposé avec leur intervention au Venezuela. De Sánchez en Espagne, qui a signé avec plusieurs gouvernements sud-américains une déclaration mettant en garde les États-Unis, à Meloni, qui a déclaré l'intervention légitime, les réactions en Europe ont été diverses et ont abouti à une déclaration de Von der Leyen qui avait un poids politique super faible. Ironiquement, cette situation montre comment la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis exploite les divisions internes au sein de l'UE pour nous affaiblir, un objectif qui a été explicitement mentionné.

Mais on peut décider de ne pas rester les bras croisés face à ces événements. Même si la Commission européenne n'y arrive pas, les pays membres pourraient créer une assemblée constituante européenne – une UE 2.0 – dont les représentants seraient élus démocratiquement et directement par les citoye·nnes. Ils pourraient aussi prendre des mesures pour créer de nouvelles alliances supranationales afin de faire pression sur les dirigeants autoritaires comme Trump et les tenir responsables de leurs actes, en laissant peut-être de côté la supériorité morale et la double morale qui ont aliéné le Sud global.

Ou même, sans vouloir aller aussi loin tout de suite, les pays de l'UE pourraient enfin décider demain d'activer les articles 42 et 46 des traités, posant ainsi les bases d'une défense commune sous le contrôle du Parlement. Ils pourraient aussi activer l'article 311 et jeter les bases d'un système fiscal commun en développant leurs propres ressources économiques, ce qui aurait le double avantage de mettre fin aux pertes financières causées par l'évasion fiscale des grandes multinationales et de soutenir les citoye·nnes qui en ont marre de devoir choisir entre financer des guerres et gagner leur vie.

Face à une menace concrète comme une attaque militaire, ceux qui ne changent pas sont voués à l'échec. L'UE a encore une dernière chance de redessiner l'avenir. Volt pense que la seule solution à ce problème, c'est que les pays européens avancent ensemble et restent unis. Saisissons cette chance maintenant !

 

Article de Francesca Romana D'Antuono, coprésidente de Volt Europa

______________

On partage le même rêve d'une Europe unie et prospère. Ton don compte beaucoup pour nous. Si tu veux nous aider à planifier l'avenir avec confiance, merci pour ta contribution mensuelle 💜